Chroniques sur la joie : Mes fondations sont-elles suffisamment solides ?

Ce matin, pour la première fois depuis trèèèèèès longtemps, je suis à l’heure.

Je n’ai pas repoussé mon réveil pendant une heure (hourra !), je me suis levée motivée (re-hourra !), et j’ai eu le temps de me débarbouiller en préparant toutes mes affaires et sans courir après la montre. Re-re-hourra ! Je me repasse mentalement tout mon emploi du temps du jour, et je me dis que, ouais, ça va être une bonne journée.

Allez hop, on y va ! Aujourd’hui, je choisis la joie.

Article écrit à partir d’une chronique de l’autrice, Léa Rychen, sur Radio Omega. https://www.radioomega.fr/rub304


J’enfile mes chaussures, je visse mon ordinateur sur mes épaules et mon casque de vélo sur la tête, et je m’apprête à sortir dans une ville encore tout endormi pour rouler déterminée vers mes objectifs.

Oui, je choisis la joie, et j’ai comme l’impression que ça va être facile…

Tout ça parce que, pour la première fois cet hiver, hiver marqué par les incertitudes d’une situation sanitaire qui fatigue, je suis à l’heure. Alors je vis ça comme une prouesse personnelle, et je me vois déjà porter une cape de SuperWoman avec un badge spécial en forme de victoire sur le temps ! Bon, je sais, il n’y a aucune gloire à se lever dès que le réveil l’ordonne et aller travailler comme tout le monde… Mais bon, je m’auto-congratule quand même, parce qu’il faut bien savoir se réjouir des petites choses. C’est peut-être le premier ingrédient à marquer sur notre liste. Recette pour une vie en joie ? Se réjouir des petites choses, comme par exemple, du fait d’être à l’heure.

J’étais en train de méditer sur mon petit triomphe et sa conclusion enjouée lorsque, BAM, la réalité me rattrape.

J’avais toutes mes affaires, mes chaussures, mon ordinateur, mon casque de vélo mais, zut de flûte, j’ai perdu mon pass. Et sans pass, pas de vélo, pas de métro, pas de transport et donc, pas de boulot. Je fouille mes poches, celles de mon manteau et de mon sac et celles de mon cerveau. Je me revois très bien l’utiliser hier soir pour prendre mon vélo, et le mettre dans la poche de ma veste avant de pédaler comme une folle pour rentrer sous la pluie… Je me revois très bien m’être dit que peut-être, ce n’était pas une bonne idée de le laisser là, dans cette poche semi-ouverte, car il y avait de grandes chances qu’il glisse… Il y a des moments comme ça où tu te demandes pourquoi, face à la voix de la sagesse, tu n’en as fait qu’à ta tête. Parce que là, il est sept heures, la ville est tout endormie, et moi je rebrousse chemin pour aller déposer mon casque de vélo et changer tout mon itinéraire pour aller au bureau. Tout d’un coup, je ne suis plus si à l’heure que ça, et je m’en veux, et, du coup, j’ai un peu moins la joie…

Ma joie est-elle suffisamment solide ?

Alors quand tout allait bien et que j’étais toute gorgée de ma petite victoire personnelle d’être à l’heure sur mon programme, forcément c’était facile. Ma joie s’était vissée sur une circonstance, et, une fois qu’elle a changée, cette circonstance, ma joie s’est dévissée et elle m’a laissée en pièces détachées. Si je veux construire une joie qui ne se casse pas la figure au premier choc, il va me falloir une fondation un peu plus solide.

Quelque chose de solide, qui ne dépend pas des circonstances, ni de si je suis à l’heure ou à la bourre, s’il fait grand soleil ou grosse tempête, si je suis d’humeur triomphante ou fracassante, bref, quelque chose qui ne dépende pas du tout de moi ?

Euh, je sèche… A moins que… ? A moins que le grand ordre cosmique des choses ne tourne pas autour de mon nombril, de mes petites victoires et de mes grands échecs, mais que chacune de ces petites choses pointent vers l’existence d’un grand Dieu. Un Dieu dans lequel je puisse ancrer ma joie des petites choses, car quand ces petites choses s’en vont, lui reste là…

L’Eternel, ton Dieu, est au milieu de toi un héros qui sauve. Il fera de toi sa plus grande joie. Il gardera le silence dans son amour, puis il se réjouira à grands cris à ton sujet. [1]

[1] La Bible, livre du prophète Sophonie, chapitre 3, chapitre 17.


Crédits photo : ダモ リ sur Unsplash

Léa Rychen

Rédacteur

Léa Rychen

En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

seize + dix-huit =

Autres articles

Continuer la lecture

Léa Rychen

Chroniques sur la joie : De quelle joie est-ce que je saupoudre mon quotidien ?

Il y a quelque temps, j’ai décidé de faire mon propre pain. Sans grand...

Édouard Vandeventer

Comment vivre dans un monde qui s’effondre ?

Une épidémie liée à la proximité entre les humains et les espèces sauv...

POLITI·QUOI

Insurrection : retrouver le sacré pour vivre à fond la politique — Guillaume Dezaunay, prof militant

« La religion n’a rien à faire en politique ! » nous dit Michel #Onf...