« l’autre » : une pensée d’Elsie Pomier

« Je n’ai plus à dévaloriser les uns ou à survaloriser les autres pour exister. On se sent rempli, on se sent aimé. L’autre est beau avec moi. » Une magnifique pensée-vidéo d’Elsie Pomier, réalisée par Estienne Rylle, empreinte de sens et de poésie.



Par l’aube, la nuit est attachée au jour

Comme le crépuscule attache le jour à la nuit

Les eaux se transforment et l’océan est attaché au ciel

L’air se respire par toute cette conciliation

Chacune de ces relations rend viables nos existences

Tout est séparé, mais non divisé

Tout est séparé et tout ne fait qu’un

L’autre est beau grâce à moi

Les corps sont des formes. La géométrie du vôtre est différente du mien.

Il reste pourtant nommé un corps.

Le corps est poussière devenue matière.

Il a un poids

Il s’y dessine à la surface des motifs et des textures.

Il a des allures.

L’autre est beau grâce à moi

Et un jour il redevient poussière

Entre-temps, ce n’est pas un objet comme les autres.

C’est notre surface sensible.

Il nous fait ressentir le vent, le stress, la douleur et la douceur.

Évoquant ou provoquant des sentiments.

C’est grâce à ce corps que le tout de l’être humain est là.

Et il devient l’interface entre l’autre et soi.

L’autre est beau grâce à moi

L’Autre, c’est un mot qui paraît ne pas me concerner.

« Ce n’est pas moi, c’est l’Autre ! »

Dans cette courte phrase, je reconnais un bout de notre Histoire.

Celle de la responsabilité rejetée sur l’autre.

Alors la beauté nue des corps fut voilée et 3 liens qui sécurisaient l’être humain se sont brisés :

– Sa relation avec lui-même

– Sa relation avec son miroir, l’autre être humain

– Et sa relation avec le divin

S’immisce alors dans le cœur de l’être humain cette nouvelle réalité :

Appartenir à toute cette création tout en étant une créature esseulée.

C’est la peur de ne pas être comme les autres

C’est la peur d’être comme les autres

On cherche sa place par rapport aux autres.

Sur des échelles, on normalise, on standardise, on se mesure.

Et tous les efforts sont vains, personne n’est unanime, jamais atteints

Il faut être beau pour être aimé,

De belles pensées

De belles idées

De belles formes

De beaux scores

Tout ce que l’on crée divise

On s’appauvrit les uns les autres

Est-ce qu’un jour la beauté vous a saisi ?

Cet instant où il n’y a plus de prix

Il n’y a plus de temps

Il n’y a plus de centre

Tout ne fait qu’une brèche d’éternité

Comme si un voile s’éteint retiré

Je n’ai plus à dévaloriser les uns ou à survaloriser les autres pour exister

On se sent rempli, on se sent aimé. L’autre est beau avec moi.

J’ai trouvé ma place.

Rédacteur

Elsie Pomier

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