J’avais un programme d’enfer qui n’attendait qu’à être suivi à la lettre : le travail ne manquait pas, mais la volonté non plus. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Oui. Jusqu’à ce que mon ordinateur décide, lui, de me lâcher.

Quand notre batterie interne est à plat (et on ne parle plus d’ordinateurs) : comment bien se recharger ?

Article écrit à partir d’une chronique de l’autrice, Léa Rychen, sur Radio Omega. https://www.radioomega.fr/rub304


Cette semaine, c’est décidé, je suis super efficace !

Oui, ma décision est irrévocable, cette semaine je reprends toutes les bonnes résolutions des 31 derniers Nouvel An (au moins) et je les applique avec ferveur. Le réveil sonnera tôt et pour une fois, je résisterai la tentation de le repousser pendant une heure. Je m’en tiendrai à une tasse de café par jour (une géante, d’accord, mais une seule). Même si mon cerveau me réclame gras, sucré, salé, je mangerai bon, beau, bio, local et survitaminé. Je ferai du sport tous les jours, même si j’ai pas envie, car je sais qu’au fond mon corps me remercie. J’avancerai dans mes lectures, je ne remettrai pas à plus tard ce que je peux faire aujourd’hui, et, après chaque journée performante à souhait, je prendrai le temps de prendre des nouvelles des gens. Allez, cette semaine, j’optimise le temps que j’ai à ma portée et je transforme mon bureau en terre des miracles !

Moi et moi-même, on était super motivées, vraiment.

J’avais un programme d’enfer qui n’attendait qu’à être suivi à la lettre : le travail ne manquait pas, mais la volonté non plus. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Oui. Jusqu’à ce que mon ordinateur décide, lui, de me lâcher.

Comme ça, d’un coup, sans prévenir ! Ça faisait six mois que lui et moi on avançait main dans la main, au rythme des articles et des cours et des podcasts et des interviews et des conférences. Lui mon partenaire quotidien, mon compagnon de route, mon binôme de travail, le premier interlocuteur de toutes mes réflexions en vrac ; lui ma fenêtre ouverte sur le monde en ces jours confinés. Et voilà qu’après six mois seulement, il ose déclarer forfait !

Alors que moi et moi-même on s’était armées de courage, mon ordinateur choisit de baisser les armes et rendre l’âme.

S’ensuit un corps-à-corps musclé dans lequel j’espère vraiment gagner. Et que j’essaie de te rééteindre et de te rallumer, d’appuyer sur tous les boutons possibles et imaginables mais sans trop de brusquer, de te parler gentiment en attendant que tu ressuscites à coups de mises à jour désespérées. Rien à faire. Moi et moi-même, on a dû revoir nos résolutions à la baisse. Mon programme athlétique n’avait pas prévu de devoir travailler sans outil de travail. Bizarrement, mes ambitions pour la semaine ne comportaient pas de longues demi-journées de va-et-vient entre les forums de geek et l’assistance technique !

La réalité, c’est que personne ne semble comprendre pourquoi l’ordi s’arrête. Toutes les mises à jour sont faites, le système fonctionne, même le technicien est perplexe. De l’extérieur, tout semble bien aller, mais la batterie interne est à plat. Et moi, est-ce que mes batteries vont bien ?

Peut-être que de l’extérieur, tout semble fonctionner, mais est-ce que je prends le temps de nourrir mes batteries intérieures ?

Peut-être que j’ai fait toutes les mises à jour nécessaires, par exemple dans mon planning et mes engagements. Peut-être que j’ai bien réfléchi pour rajouter toutes les extensions qui me semblent utiles (telle pause déjeuner par-ci, telle séance de sport par-là). Peut-être que tout est pensé pour soigneusement augmenter mes performances : au travail, dans mon couple, dans mes relations, dans mes loisirs, etc. Peut-être que… HAN, au secours, je me traite comme une machine !

Bon, quitte à se traiter comme une machine, autant se souvenir que l’on est une machine complexe ! Il ne s’agit pas seulement de se dire « Allez, on respire un bon coup et on y va ; j’avance tête baissée et advienne que pourra ! » Bien sûr que beaucoup de choses passent par la volonté ! On parle des fois d’une volonté d’acier et ça fait rêver : mais entre nous, mon ordi aussi il est composé d’acier et ça ne l’a pas empêché de clamser…

Où en sont mes batteries physiques ? Et intellectuelles ? Et relationnelles ? Et émotionnelles ? Est-ce que je peux prendre le temps, aujourd’hui, pour faire le point sur mes batteries et voir si j’ai besoin d’un petit branchement ?

Et tant qu’on fait le tour de la complexité de l’être humain, je me permets de demander : mes batteries spirituelles, est-ce que j’en prends soin ? Comme mon ordinateur, c’est peut-être là une batterie invisible et difficile d’accès. La seule solution, c’est l’intervention d’un spécialiste du domaine, qui connaît bien la machine et ses recoins et ses spécificités. Oui parce que, ce n’est pas parce que quelqu’un a une boite à outils que je vais lui confier mon ordinateur ! Non, mon ordi, je veux qu’il soit entre les mains du meilleur ! Et la solution la plus sûre, c’est sans aucun doute le fabricant en personne…

Alors, à qui est-ce que je confie mon âme ?


Crédits photo : Claudio Schwarz sur Unsplash

Léa Rychen

Rédacteur

Léa Rychen

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