Vaccin anti-COVID : un chercheur témoigne (Dr Josué Mfopou)

À votre avis, est-ce que le vaccin anti-COVID est fiable ? dangereux ? inutile ? Est-ce que la vaccination va trop vite ? pas assez vite ? Est-ce que le vaccin va devenir obligatoire ? Est-ce qu’on nous injecte du poison ? des morceaux de fœtus ? Que penser des polémiques sur AstraZeneca, et les autres vaccins ? Est-ce que l’on peut vraiment se fier à ce qu’on nous dit ?


Pour nous éclairer sur ces questions, l’équipe de Sagesse et Mojito reçoit le Dr Josué Mfopou, directeur des Opérations cliniques à la Pfizer Clinical Research Unit (Bruxelles).

Dans cet entretien, le Dr Josué Mfopou nous témoigne de son parcours personnel et scientifique. Immigré camerounais en Belgique, Josué voit son métier comme une vocation guidée par Dieu qui l’a mené à diriger des recherches sur des médicaments et vaccins pour l’entreprise qui a développé le premier vaccin anti-COVID jusqu’à son lancement fin 2020. Retraçant son cheminement et celui des recherches sur le vaccin, il nous offre un témoignage exclusif et captivant sur sa passion pour la science et la vulgarisation, répond à une série de questions sur le vaccin et partage aussi les difficultés du fait d’être incompris par le public lorsqu’on a un métier spécialisé.



Au sortir de l’entretien, Jean-Christophe Jasmin partage quelques réflexions, à partir de son vécu personnel, quant aux impacts de la crise du coronavirus sur notre mental en ces temps d’émergence hésitante d’une vaccination de masse :

Je n’ai pas, à ce que je sache, été infecté par la forme virale de la Covid : sa forme mentale, toutefois, m’a bien saisi.


Requiem pour un vaccin

C’était en février 2020, alors que l’on entendait les rumeurs d’un virus semblable au SRAS qui sévissait en Chine, que j’ai eu ma première infection. J’ai commencé à étudier le virus sur Internet, lire les premiers rapports de l’OMS, questionner des amis experts dans le domaine. Et j’ai eu peur. Rappelons-nous qu’alors, les taux de contagion et de mortalité rapportés étaient nettement plus élevés que ce que l’on connaît aujourd’hui de la maladie.

Je me souviens du sentiment étrange, ces derniers jours de février, d’être un de ces prophètes apocalyptiques qui virait fou à voir l’indifférence avec laquelle nos institutions, les médias, le gouvernement, prenaient à la légère ce qui allait devenir la plus importante pandémie depuis la grippe espagnole. Il ne fallut que quelques jours pour que cette infection mentale soit généralisée : depuis, tout le monde, moi inclus, semble obsédé par la Covid.

En fait, pas tant la Covid que tout ce qui s’y rapporte.

Au moment où j’écris ces lignes, la campagne de vaccination contre la Covid-19 semble démarrer lentement, très lentement.

Comme le printemps québécois, qui nous donne de faux espoirs ensoleillés pour ensuite nous ensevelir cruellement sous une tempête de neige, ainsi en est-il du vaccin. Assez près de nous pour qu’on commence à en saisir la réalité, mais encore trop loin pour qu’on commence à se relaxer.

Alors, au lieu de se relaxer, on stresse. On se fixe sur la campagne de vaccination. Sur les variants. Sur l’ensemble des polémiques qui entourent les vaccins. On pense à la fin du confinement, du couvre-feu, à la réouverture des salles de sport, des lieux culturels et cultuels… et au reconfinement.

On attend le déverrouillage de ces barrières superposées (frontières, régions, maisons, masques) qui commencent à ressembler davantage à une camisole de force qu’à une armure ; et on espère que ce vaccin miracle pourra bientôt nous en sortir.

En écoutant des experts comme le Dr Josué Mfopou, cela semble possible d’espérer : espérer en la science, en l’effort conjoint de nos gouvernements pour sortir le monde de cette crise. Mais en attendant…


Ici et maintenant

En réalité, ce virus nous enferme dans l’« ici » et le « maintenant ». Ici, parce notre capacité à changer d’espace, d’environnement, de pays même s’est radicalement réduite. Maintenant,parce que la Covid nous empêche de planifier l’avenir… ou, du moins, de gros changements de carrière, de vacances, de vie.

Ce qui me fait me poser cette question dérangeante : Pourquoi suis-je aussi mal dans l’ici et le maintenant ?

Est-ce l’arrêt imposé par la Covid qui me rend vraiment malade ?

Ou est-ce plutôt l’étourdissement qu’on ressent lorsqu’on arrête de tourner en rond à toute vitesse ?

Parce que, quand j’y pense, je n’ai jamais été aussi bien dans l’ici et le maintenant. La Covid m’a rapproché de ma famille, de mon quartier, m’a épargné des heures de voiture. D’ailleurs, au Canada comme ailleurs, plusieurs sondages indiquent que la majorité de ceux qui sont passés en télétravail ne désirent pas, après la pandémie, retourner travailler « en présentiel » à plein temps. L’ici et maintenant, même en crise, a du bon.

Alors, peut-être qu’en attendant le vaccin, il nous faut chacun apprendre à soigner notre mal.

Et si le remède à notre véritable mal était de réapprendre à vivre, ici et maintenant, à cesser de projeter notre vie ailleurs et plus tard ?

Jean-Christophe Jasmin

Rédacteur

Sagesse et Mojito

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