Comment vivre une vie incarnée : étape 1

Être authentique, être soi, vivre conformément à ses valeurs et à ses convictions, s’incarner… Autant de phrases que l’on retrouve dans les librairies ou sur YouTube, dans les catégories développement personnel, bien-être et psychologie. Mais qu’entendons-nous vraiment par « incarnation » ?

Le processus d’incarnation nous touche car il nous parle de notre humanité. Il touche à la question de l’identité, du pourquoi de nos existences. Il demande, qu’est-ce qu’être homme et femme ? C’est quoi, être humain ? Et étrangement, il semblerait que la Bible pose ces interrogations à travers la personne même de Jésus.


Un langage religieux ?

Parler d’incarnation peut sembler f(l)ou et étrange. Que Dieu, cet être si différent, créateur de tout, parfois si difficile à appréhender, se soit fait homme, a de quoi nous mettre au défi (intellectuellement, spirituellement, moralement !). Pourtant, dans la foi chrétienne, cette réalité est primordiale :

L’incarnation révèle le cœur de Dieu et son amour pour les êtres humains. Elle est un abaissement purement volontaire, une décision entièrement personnelle de la part de Dieu de se « dépouiller ». Jésus, en s’incarnant, aurait donc renoncé à sa place pour prendre la condition de serviteur, sans pourtant renoncer à être lui-même. Selon la foi chrétienne, il serait Dieu, tout en étant homme.

Pleinement homme, pleinement Dieu.

Ce mystère lumineux éclaire une voie révolutionnaire : Dieu aime à ce point sa création qu’il en a épousé la condition, selon les dogmes chrétiens. En s’incarnant, il s’est identifié à l’humanité en général. Lorsqu’on lit la Bible, il n’est pas un Dieu lointain, intangible, strictement « dans les cieux ». Voici, il a un visage, des yeux, des mains, une bouche, un nom : Jésus.


Pédagogie de l’incarnation

L’incarnation est le mouvement d’un

« Dieu d’en haut se faisant Dieu en bas pour être Dieu en moi ».

C’est dire combien il s’associe à l’être humain. D’ailleurs, cela ne dirait-il pas non plus la valeur et la dignité que Dieu m’accorde ? Car, dans la Bible, il est dit que Dieu a fait l’Homme à son image pour être son partenaire (voir les récits en Genèse, du chapitre 1 à 3). En effet, jamais l’Homme n’est considéré comme une chose à manipuler ou à infantiliser. C’est tout l’opposé.

« Le Dieu d’Abraham appelle l’humain à devenir un sujet appelé à la parole et à la liberté1. »

La Bible nous révèle que Dieu ne cesse de rechercher en l’Homme un être responsable, un autre « je » avec qui construire, parler, être en relation. Comment cela ? En entrant en dialogue avec lui, en l’appelant, en l’incitant à poser des choix. Peut-être est-ce déjà là un indice de notre vocation première : être partenaire avec Dieu. Car lorsque l’Homme rompt la relation et se détourne2, Dieu ne l’abandonne pas. Au contraire, Dieu manifeste par son incarnation en Jésus un élan du cœur :

« tu as de la valeur et tu es digne que je prête attention à toi. Vois, je me suis fait semblable à toi pour te rejoindre là où tu es »3.

Qu’un Dieu si puissant s’associe à ce point à mon sort tient quasiment de l’absurde, peut-être même de l’indécence ! Et pourtant, l’incarnation serait la révélation même de l’amour de Dieu pour l’être humain…


1Antoine Nouis, Découvrir la Bible en 100 pages, éditions Bibli’O, 2021, p.12

2En Genèse, au chapitre 3, l’homme et la femme font, d’une certaine manière, le choix de l’indépendance. Cela a pour résultat une peur de Dieu et un doute quant à sa bonté. Mais Dieu maintient la relation en leur parlant et en maintenant le partenariat qu’il a établi avec eux.

3Voir par exemple le Psaume 139, Romains 5.8-10 et 8.38-39- ou Jean 3.16.

Sara Le Levier

Rédacteur

Sara Le Levier

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Louise Dibling

Contributeur

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