Le quatrième vêtement : le costume-cravate

Il a beau ne pas être taillé sur mesure, le costume bleu marine reposant sagement sur son cintre de bois vous va comme un gant ! Compagnon des mauvais jours comme des bons, il est votre collègue le plus fidèle et sa vue le dimanche soir vous inspire un savoureux mélange de fierté et d’énergie et d’appréhension…

Si nous évoquions plus haut les atours par lesquels nous sommes amenés à affirmer notre personnalité, il est également des vêtements qui sont bien plus conformistes. Nous éloignent-ils pour autant de notre vocation à développer notre singularité, et ce faisant, du projet divin pour l’Homme ? En d’autres termes : Dieu peut-il encore nous tutoyer en uniforme ?

Et comment ! Par leur capacité à effacer les particularismes et les différences de goût, de milieux ou de moyens, les costumes en tous genres participent à la notion biblique de justice. Pour le Dieu proche et paternel tel que la tradition judéo-chrétienne ne se le représente ni « chouchou » ni favori ! Seulement une multitude d’enfants tous fondamentalement égaux en droits et en dignité. Un amour aussi pur et radical a de quoi donner le vertige, non ?

Sans pour autant nier notre individualité, les uniformes que nous endossons au cours de notre vie permettent aussi de signaler notre fidélité à un groupe donné, que ce soit une équipe de travail, une compagnie de danse ou une communauté religieuse. Du tutu au treillis en passant par le scapulaire ou la kippa, ils portent la marque de nos actes individuels d’engagement tout en nous rappelant que nous appartenons tous au même corps, celui d’une humanité aimée d’un amour inconditionnel et indiscriminé.

Dieu dans la garde-robe…

Le philosophe américain William James écrivait avec une justesse presque provocatrice que « l’identité se compose d’une âme, d’un corps… et d’un vêtement. » Des langes au linceul, notre garde-robe grandit avec nous et nous accompagne tout au long de notre voyage terrestre. Si on la prend parfois pour superficielle, force est de constater qu’elle est taillée dans une étoffe bien plus spirituelle qu’on ne le croit ! Elle est, au même titre qu’un texte sacré ou un tabernacle, un lieu où Dieu veut se montrer et se raconter.

« Quoi que vous fassiez, » écrivait il y a de cela près de 2000 ans l’apôtre Paul aux habitants de Corinthe, « faites-le pour la gloire de Dieu ». Que vous buviez, que vous mangiez… ou que vous vous habilliez, serait-on tenté d’ajouter ! Et si vos séances de shopping, de couture ou de repassage devenaient désormais vos nouveaux espaces de développement spirituel ? Nous vous souhaitons un bon essayage  !

Rédacteur

Eva Klein

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