Kanye West, l’Évangile et la mode : quel rapport ?

Dimanche dernier, le rappeur étasunien Kanye West a pour la première fois proposé un Sunday Service – messe d’un nouveau genre, aux sonorités Gospel –, en dehors des États-Unis. En marge de la Fashion Week de Paris, ce « concert » inédit s’est tenu devant les grands noms du monde de la mode : le créateur Simon Porte Jacquemus, le directeur artistique de Balmain Olivier Rousteing ou encore la rédactrice en chef de Vogue Anna Wintour. Cet engouement médiatique et artistique autour d’une performance religieuse interroge : quel rapport entre le christianisme et la mode ? Ici, Elsie Pomier, designer de l’individu, nous propose des éléments de réponse teintés de son vécu.

Je suis chrétienne et je travaille dans le secteur de la mode. Cela  pourrait sembler paradoxal. D’ailleurs, au cours de mes études et de mon parcours professionnel, je me suis bien souvent sentie seule dans ma foi ! Je me rassurais alors en me disant qu’il devait bien y avoir, quelque part dans le monde, d’autres chrétiens étudiant ou travaillant dans ce milieu. Et j’étais avide d’en rencontrer … jusqu’à ce mardi 21 janvier 2020.

Durant la Fashion Week Haute Couture à Paris, eu lieu une des premières rencontres internationales des chrétiens travaillant dans la mode, organisée par imagoDei. Ce jour-là, dans ma foi s’est ancré une stèle, marquant le début de grandes choses pour les chrétiens dans la mode et pour nos amis, collègues qui y sont investis. Cette centaine de personnes qui se retrouvait face à moi était la réponse concrète d’une aspiration profonde de mon âme.

En y repensant, je réalise que je n’avais pas été si seule sur ce parcours. Je crois profondément que Dieu m’accompagne depuis le début, moi qui étais tout autant effrayée qu’intriguée d’avancer sur ce terrain inconnu. Je crois qu’Il m’a fait et continue de me faire un parcours sur-mesure, apposant son sceau à chaque étape.

Alors humainement, qui suis-je pour être derrière cet ordinateur, prendre la plume, et vous écrire ? Personne. Je ne suis personne ! Tout comme nous ne sommes personne pour cette industrie qui habille le monde. J’ai pourtant la conviction qu’en tant que chrétiens, Dieu nous place ici, dans ce secteur qu’est la mode ; la conviction que nous sommes habilités par Dieu.

Dieu crée le vêtement, nous créons une industrie

Dieu, c’est le premier designer de toute l’humanité. Nous, on s’est fait des ceintures en feuilles de figuier. Ce n’est pas la matière la plus confortable. On aurait pu faire mieux. Et justement, depuis, on essaie de faire mieux.

Le vêtement, c’est le premier effet visible de notre nature de pécheur. Le vêtement, c’est la marque de l’état :

  • de notre séparation avec Dieu,
  • de notre séparation avec les autres,
  • de notre séparation avec nous-mêmes.

 

Nous sommes séparés.

« La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. Alors ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. […] L’Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. » (La Bible, Genèse 3:6-8 et 21)

Des milliers d’années plus tard, de ce vêtement, nous avons établi une industrie. Une industrie mondiale qui influence la politique, l’économie et la culture des sociétés. Mais cette mode, ce système à faire rêver, aujourd’hui, n’arrive plus à cacher les secrets qui ont constitué son pouvoir :

  • le travail de tous
  • du nouveau à tout prix
  • à bas prix
  • tout le temps, non-stop, sans repos

 

C’est un constat assez peu réjouissant mais une réalité à ne pas oublier car cela nous permet de nous y impliquer de manière juste. Et dans cette entreprise difficile, ma foi chrétienne me donne l’assurance que je suis guidée par Dieu et sa sagesse.

À ce vêtement, marqueur de notre séparation avec Dieu, avec les autres, avec soi-même, Dieu a répondu. Il a fabriqué un second vêtement. Un vêtement confectionné sur un calendrier échelonné sur des millénaires.

C’est un vêtement aux mesures de tous.

C’est un vêtement qui ne s’abîme plus.

C’est un vêtement accessible par tous.

C’est un vêtement qui ne vend pas.

C’est un vêtement qu’Il offre.

En tant que chrétiens, nous avons été revêtus de ce nouvel habit. Cet habit blanc qui nous identifie comme justifié face au péché. C’est l’habit du salut, de la joie, de la paix et du repos en Christ, ici, sur cette Terre, dans ce milieu professionnel.

L’honneur d’être habillé par Dieu

« Je me réjouirai en l’Eternel, tout mon être tressaillira d’allégresse à cause de mon Dieu, car il m’a habillé avec les vêtements du salut, il m’a couvert du manteau de la justice. Je suis pareil au jeune marié qui, tel un prêtre, se coiffe d’un turban splendide, à la jeune mariée qui se pare de ses bijoux.En effet, tout comme la terre fait sortir son germe, tout comme un jardin fait pousser ses semences, le Seigneur, l’Eternel, fera pousser la justice et la louange devant toutes les nations. » (La Bible, Ésaïe 61:10-11)

Je relève trois vérités claires de ce fait d’être habillé du vêtement de Dieu, par Dieu :

  1. L’habit n’est plus un élément qui me sépare de Dieu, ni des autres, ni de moi-même. Dieu efface les effets néfastes du premier vêtement par ce nouvel habit. Il n’est plus un moyen de me glorifier. Il ne régit plus ma notoriété. Il ne définit plus ma classe sociale. Ce qui signifie que je n’ai plus à défendre mon image. Grâce à Son vêtement, je n’ai plus rien à prouver. Je suis dans le repos.
  2. Le vêtement identifie. Son vêtement m’identifie. C’est ma nouvelle image sur laquelle je peux me reposer. Mon image, ma notoriété… c’est Lui qui l’entretient. C’est Lui seul, Dieu, qui entretient le vêtement de mon salut.
  3. Ce vêtement, c’est celui de son épouse. C’est le code vestimentaire pour son église. C’est l’uniforme de notre citoyenneté. C’est l’habit traditionnel de notre pays.

Dieu a répondu à ce premier vêtement, image et objet qui matérialisait notre séparation. Habillés de ce nouvel habit, nous sommes les témoins vivants de sa folle sagesse.

« Je me réjouirai en l’Eternel, tout mon être tressaillira d’allégresse à cause de mon Dieu, car il m’a habillé avec les vêtements du salut, il m’a couvert du manteau de la justice. Je suis pareil au jeune marié qui, tel un prêtre, se coiffe d’un turban splendide, à la jeune mariée qui se pare de ses bijoux. » (La Bible, Ésaïe 61:10-11)

Alors je vous laisse avec une prière pour nous qui sommes passagers sur cette Terre, tels des mannequins sur un podium : que la beauté de ce défilé interpelle nos collègues, que la beauté du vêtement du Salut de Christ soit visible dans notre industrie. Amen.

Rédacteur

Elsie Pomier

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