Je veux voir – L’Avent, apologie de l’attente (2/4)

Je veux voir, je veux savoir, mais je n’ai pas le temps de vraiment recevoir. 


 

Je veux avoir vu. C’est la nécessité d’avancer, montrer qu’on avance, sinon, on disparaît des yeux des autres, parfois même des nôtres. Aujourd’hui, il faut vivre déjà demain, sans attendre, vivre cet instant en se demandant « et après ? ».

Parce qu’attendre, c’est prendre du temps, c’est donc ne plus être dans les temps.

Attendre est le synonyme de temps qui disparaît. Attendre, c’est même disparaître. Attendre c’est être absent. Soyons devant, prenons les devants du temps, courons et attrapons ce temps pour le devancer et ne plus devoir s’y conformer. Anticiper, projeter, programmer, organiser… Le cœur serré.

Ce n’est plus le moment d’entendre. Il n’y a plus le temps de s’entendre.

Ce sable, cette ombre, ces aiguilles et puis ces chiffres, ce temps est de plus en plus pesant. Mécanique animée, impassible, en espérant un jour être hors du temps, un jour échapper à ce rythme permanent.

S’aperçoivent les entreprises de certains mouvements qui tentent de retenir tous ces rouages emmêlés, ralentir les conséquences accumulées, au nom de l’environnement, au nom des enfants, au nom du vivant. Les combats s’accumulent, incessants. On s’engage, on se voue à des valeurs. Attendre n’est plus le moment. Et pour avoir la paix, s’atteler, s’accrocher à… à quoi et à qui ? À vous, à moi ?

Il semblerait que nous soyons tous dans le même cas, dans ce même temps, où le repos est absent.

Depuis quelques mois, je commence à étouffer, j’ai du mal à respirer. Et je vois ce souffle être fragilisé. C’est la seule chose que je ne souhaite pas voir s’arrêter ! En réalité, j’aperçois enfin la vérité : la peur, l’incertitude. La paix est en train de disparaître. L’espérance d’un vrai repos s’évapore.

Mon cœur y aspire : l’urgence de la paix.

C’est alors le moment de se rappeler que dans tous les temps pour tous les vivants il est inscrit :

« Je t’attends » (Ecclésiaste 3 : 11)

Au-delà de notre temps, il attendait non pas passivement ni impatiemment. Il préparait, il s’est préparé et il est venu : Christ emmailloté. Dans l’humilité de se savoir petit, il fut animé de ce fragile souffle. Lui l’a assumé. C’est un enfant qu’il a donné pour porter et supporter le poids qu’est devenu la vie.

« Le souffle de l’Éternel reposera sur lui : Souffle de sagesse et d’intelligence, Souffle de conseil et de force, Souffle de connaissance et de crainte de l’Éternel. Il respirera la crainte de l’Éternel ; Il ne jugera point sur l’apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire. » (Ésaïe 11:2-3)

Aujourd’hui, en ces temps de l’Avent, célébration de son avènement, c’est le moment de s’arrêter, oser respirer, pour recevoir le cadeau qu’Il nous prépare depuis des années. Avec lui, le temps n’est pas contre la paix. La quiétude n’est pas juste apparente. C’est la pleine confiance dans la confidence. C’est la vraie paix, celle qu’on ne peut concevoir ni mériter, mais juste recevoir. Saurai-je arrêter mon regard et tendre ma main vers celui qui m’attend depuis si longtemps ?

« En effet, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » (Ésaïe 9.5)

L’Avent, battant, en paix.

Rédacteur

Elsie Pomier

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