IMAGO DEI – Un film d’Estienne Rylle et Meak

« D’où vient ce flou, d’où vient ce manque et d’où me viennent ces plaintes ? Pourquoi les chemins d’la liberté se muent-ils en labyrinthe ? » Un film poignant, réalisé par Estienne Rylle, sur un texte écrit et lu par Meak.



Le miroir me dit que c’est le Ciel qui m’a écrit
Ce compromis exquis du corps, âme, esprit
Les lignes finement dessinées au fusain divin
Et coloriées d’une conscience, cette puissance qui fait l’humain
Je prends place, je règne, je travaille avec fierté
Qu’elle est douce à l’oreille la prosodie d’la liberté
L’éveil, l’inspiration, le souffle, jour et nuit
La nature mon terrain de jeu, j’existe et m’épanouis
Une pluie de potentiel au-dessus des cumulus
J’ai surpassé l’animal, parce que moi j’aspire à plus
Je jouis du moi, du nous, du mouvement et de l’être
Je jouis d’un grand décor duquel on m’a nommé maître
Une main cultivatrice au pouvoir de création
Un pied qui ne se crispe pas devant l’ambition
Regarde-moi, le prodigieux et mes limites qui reculent
Je suis l’homme, un petit dieu, avec un « H » majuscule

La belle saveur du pouvoir, une drôle de soif qui se crée
Voir ce que j’suis pas censé voir, je ne supporte plus les secrets
Laisse-moi croire, laisse-moi savoir, donne-moi l’accès maximal
Laisse-moi choisir l’interdit et définir le bien et l’mal
Marre du statut d’créature, j’veux la place une et pas la seconde
Alors j’fête mon investiture, car moi aussi j’ai changé l’monde
Mes raisonnements feront justice et mon plaisir fera loi
Et puis j’aurai ma vérité et mon dieu s’appellera moi
Fais silence voix céleste, sens ma sentence anathème
Pourquoi me dicter la norme quand j’peux penser par moi-même
Je propagerai ma science sur la terre et sur les mers
Que l’paradis reste au ciel, du bien je serai en faire
Je vivrai de performance, grimperai au sommet d’la tour
Je réclame l’indépendance et j’redéfinis l’amour
J’veux d’ce fruit de la connaissance, la peau, le noyau, tout autour
Je n’veux plus être à l’image, je veux être un dieu tout court

D’où vient ce flou, d’où vient ce manque et d’où me viennent ces plaintes ?
Pourquoi les chemins d’la liberté se muent-ils en labyrinthe ?
J’me lève d’humeur bleue, les miens me font défaut, 
Mon espoir sonne creux et mon vrai me semble faux
Tu étais là tout au début pour répondre à ma faim
Maintenant j’ai soif de l’au-delà du soir jusqu’au matin
Mais quelle folie la rébellion de l’âme et l’insolence
Recrée ce pont que j’ai brisé avec mon arrogance
Parce que j’suis sourd, j’suis aveugle et je suis las
C’est une danse à deux et là le rythme me dépasse
Regarde ces murs qui montent et ces couteaux que j’aiguise
Cette nouvelle politique que j’ai formée par gourmandise
J’ai gâché la création, je l’ai changée en ordure
Descends rétablir ton ordre créateur et créature
Heureusement, tu es venu, pour qu’à nouveau tout bascule
Heureusement, tu t’es fait homme, avec un « h » minuscule

Rédacteur

Estienne Rylle

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