525 600 minutes – Une année gâchée ?

La tension retombe et c’est l’heure des bilans. Une année. Trois cent soixante-six jours. Huit mille sept cent quatre-vingt-quatre heures. Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes.



L’aube d’une nouvelle année, c’est l’heure de faire halte, de se retourner et observer. L’heure d’évaluer. Compter ce qui a compté. Compter ce qui était bien, compter ce qui était vain.

« Vingt-vingt, 2020, bienvenue dans l’année des grandes visions ! »

À l’aide de cet emprunt à un idiome de la langue anglaise qui circulait en 2019 sur les réseaux, partout sur la planète on s’apprêtait à entrer dans une nouvelle année : l’année « vingt-vingt », un temps de clarté, de vision claire, de mise au point. L’année des grandes visions, l’année des grandes attentes. Le temps était venu de mettre de côté ce qui nous ralentit, ce qui nous parasite, ce qui nous empêche de nous réaliser, d’être performants, d’avoir de l’impact, de manifester qui nous sommes vraiment.

Qu’en est-il maintenant, à l’heure des bilans ? Qu’est-ce qui a compté ?

Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes.

Cinq cent vingt-cinq mille moments si chers.

Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes.

Comment mesure-t-on, mesure-t-on une année ?

En journées ? En couchers de soleil ? En minuits ? En tasses de café ?

En centimètres, en kilomètres, en rires, en combats ?

Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes.

Comment mesure-t-on une année dans une vie ?

Nous vivions sans vision dans une civilisation du temps raccourci, du temps écrasé, du temps compressé, dictature de l’instant, du temps qui ne fait pas de cadeau, du temps présent sans présent. Est-ce que cela a changé ?

Un présent qui nous échappe constamment, serait-il inexistant ? Sommes-nous vivants en son absence ?

Qu’aimerait-on vivre à jamais, pour toujours, chaque seconde, chaque minute ?

Fallait-il que le temps ralentisse pour qu’on savoure sa valeur ? Est-ce que des moments hâtés ont plus de qualité ?

Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes.

Cinq cent vingt-cinq mille trajets à planifier.

Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes.

Comment mesure-t-on la vie d’une femme ou celle d’un homme ?

En vérités qu’elle a apprises, ou en nombre de fois qu’il a pleuré ?

Au nombre de ponts qu’il a coupés, ou dans la façon dont elle est décédée ?

C’est une année qui s’est écoulée. Les attentes furent grandes, les déceptions grandissantes. On a voulu changer le monde. N’est-ce pas plutôt le monde qui nous a transformés, l’année passée ? N’est-ce pas le temps qui nous façonne ? Nous questionne ? Nous reconditionne ? Le temps est un présent qui offre à notre action la qualité, la précision, le détail. L’espace pour s’interroger. Pour imaginer. Pour se ressourcer. Pour inventer.

Est-ce que ma dévotion aux causes les plus nobles est si hâtée, si empressée, que j’ai perdu de vue la réalité ?

La réalité, c’est que dans notre monde si pressé, où l’attente est vue comme un mal à redouter, il y a un invité.

Venu dans la plus sombre des nuits

Vers un monde en sursaut

Vers une terre déserte.

Venu dans un chuchotement

Vers un monde en attente

Comme une ombre

Qui attend.

Venu comme l’envol d’un papillon

Comme un oiseau qui chante à l’aube :

Des ailes qui pourfendent les eaux les plus profondes

Et les cris anxieux qui habitent nos rêves

Et les soupirs des âmes.

Est-ce que ma dévotion aux causes les plus nobles est si hâtée, si empressée que j’ai perdu de vue la réalité d’accueillir l’invité ?

C’est cet invité qui m’a appris à compter.

Alors je compte en amour, mesure en amour… mesure le temps avec amour. Une année. Quatre saisons. Trois cent soixante-six jours. Huit mille sept cent quatre-vingt-quatre heures. Cinq cent vingt-cinq mille six cents minutes. Et plus loin, l’éternité. Il est temps maintenant de chanter : l’histoire ne se termine jamais. Fêtons le souvenir d’une année dans une vie d’amis. Rappelons-nous l’amour.

« Nous sommes entrés dans une expérience intime avec l’amour de Dieu, et nous avons confiance dans l’amour qu’il a pour nous. Dieu est amour ! Ceux qui vivent dans l’amour vivent en Dieu, et Dieu vit à travers eux. En vivant en Dieu, l’amour atteint sa pleine expression en nous, afin que nous puissions affronter sans crainte le jour du jugement, car tout ce que Jésus est maintenant, nous le sommes aussi dans ce monde. » (1 Jean 4:16-17)

Méditation écrite par Christel
Lue par Christel et Elsie

Rédacteur

Christel Ngnambi

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